Les grands dossiers de la ligue

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Pour une politique cohérente des transports.

Un développement à maîtriser
« Vive la voiture, mais pas le tout-voiture». C'était la conclusion d'un débat récent avec les lecteurs de la République du Centre.
La voiture offre souplesse et rapidité. Comme l'ont souligné plusieurs lecteurs, elle est devenue un symbole de liberté.
Là où le bat blesse, c'est que toute liberté a ses limites.

1) Une liberté mal partagée.
Elle est réservée à ceux qui possèdent une voiture. Qu'en pensent les jeunes qui ne peuvent pas encore conduire, les personnes âgées qui ne peuvent plus et tous ceux qui n'ont pas les moyens de s'en offrir une.
Face à l'attrait de ce moyen de transport individuel, les transports collectifs n'ont pas su maintenir une offre suffisamment attractive. Le succès de la voiture, en asséchant la clientèle des bus en ville, celle des autocars interurbains et des lignes secondaires de la SNCF, a conduit les entreprises de transport à supprimer des lignes et des dessertes et à réduire les fréquences, privant ainsi d'une liberté élémentaire tous les exclus de la voiture.

2) Une liberté pénalisante.
Le transport individuel en voiture utilise cinq fois plus d'espace que le vélo et dix fois plus que le bus. Il consomme vingt fois plus de carburant que les transports en commun et il est vingt fois plus polluant. Il est dix fois plus meurtrier que le bus et vingt cinq fois plus que le chemin de fer.
Si le vélo est un moyen de transport dangereux, ce n'est pas à cause du vélo mais parce qu'on ne lui a pas laissé suffisamment de place pour circuler en sécurité.

3) Une liberté fragile,
Trop de voitures tue la voiture. Nous le voyons tous les jours dans les embouteillages. Depuis trente ans, la circulation automobile croit au rythme de 3% par an sur l'ensemble du territoire. (5% dans une agglomération comme Orléans).
Pour tenter de « rattraper » la voiture, les aménageurs multiplient les investissements
rocades, élargissements, , parkings, ponts et trémies etc.
En quelques années, c'est la voiture qui « rattrape » ces aménagements au point qu'il faut en envisager de nouveaux.
Pour maintenir la fluidité du trafic, il faudrait pratiquement doubler la voirie tous les vingt ans. A moins de raser les maisons, c'est évidemment impossible. Une autre politique est donc nécessaire. Celle-ci se dessine dans les nouveaux projets. (Plan des Déplacements Urbains notamment).
C'est cette autre politique qu'il faut encourager.
Sortir du cercle vicieux développement de la voiture , engorgement des rues, aménagements coûteux en faveur de l'automobile, nouvel appel d'air pour les voitures, nouvel engorgement des rues.
Pour entrer dans un cercle vertueux : engorgement des rues, aménagements en faveur des moyens alternatifs de transport, réduction du trafic automobile, désengorgement des rues, meilleure fluidité pour ceux qui continueront à utiliser leur voiture.
Nous verrons dans les prochaines rubriques les différentes facettes d'une politique des transports qui favorise les moyens alternatifs au « tout voiture » et au « tout camion » : vélos, transports en commun, ferroutage etc.