Les grands dossiers de la ligue
ImprimerPour le développement des itinéraires cyclables.
Une place congrue
En quelques décennies, le vélo, qui était un moyen de transport crédible pour les petites distances, a vu se rétrécir l'espace qui lui était réservé au fur et à mesure que les voitures envahissaient les chaussées.
Petit à petit, les adeptes du cyclisme (tout au moins ceux qui le pouvaient) ont abandonné leur vélo pour venir gonfler le flot des automobilistes.
Pour une reconquête de l'espace.
La solution aux problèmes actuels et futurs de la circulation passe par une reconquête du terrain perdu par les transports collectifs et par les vélos.
Ceci ne doit pas se faire contre les voitures qui resteront bien utiles, mais contre le « tout voiture ». Il s'agit de permettre à tous ceux qui le souhaitent et qui le peuvent, de choisir un autre mode de déplacement que la voiture tel que la marche à pied, le vélo ou le bus à condition que la marche à pied et l'usage du vélo soient suffisamment sûrs et que le bus soit suffisamment commode (nous en reparlerons dans une prochaine rubrique ) et.
Pour des itinéraires cyclables sécurisés.
L'aménagement d'un réseau cyclable doit se faire dans le cadre d'un plan général de la circulation où l'on sera aussi attentif au respect des limitations de vitesse pour l'ensemble des véhicules qu'à l'espace réservé aux cyclistes.
L'objectif n'est pas seulement d'établir un palmarès du nombre de km de pistes ou de bandes cyclables réalisés. L'objectif est de sécuriser, les uns après les autres, les itinéraires pour un usage donné. Comment, par exemple, les élèves de tel quartier peuvent-ils se rendre au collège ou au lycée en sécurité avec leur vélo ?.
Les moyens pour atteindre l'objectif sont divers. Ils dépendent de l'espace disponible, de la densité de la circulation et de la fréquence des intersections : bandes ou pistes cyclables, traitement des sorties de pistes et des carrefours, réduction drastique de la vitesse si une cohabitation cyclistes-voitures est inévitable.
Les aménageurs, doivent allier compétence, méthode et concertation. Par-dessus tout, ils doivent être animés d'un véritable esprit de sécurité.
Une meilleure efficacité
L'espace disponible n'étant pas extensible, le remodelage du plan de circulation sera parfois nécessaire : ré affectation ici ou là d' une bande de circulation en faveur des vélos avec mise à sens unique de certaines rues, suppression de quelques places de stationnement. Il faudra naturellement un peu d'audace aux décideurs et beaucoup de courage pour convaincre et affronter les oppositions. Tout bien considéré, ce sont tous les usagers, y compris les automobilistes, qui en tireront profit.
Quand un élève peut prendre son vélo en sécurité, ce sont deux allers et retours du parent-taxi qui sont évités. Permettre à un vélo de circuler demande cinq fois moins de place et coûte dix fois moins cher que de faire circuler une voiture.
Nous demandons aux élus, qui ont le souci d'une bonne gestion des fonds publics, de réfléchir à ce paradoxe. Pour améliorer la fluidité de la circulation automobile, il est plus efficace et dix fois moins coûteux de faciliter la circulation des vélos que de faciliter celle des voitures.

