Les grands dossiers de la ligue
ImprimerPour les marchandises, favoriser les modes de transport les plus sûrs
Rétablir la vérité des prix
Si les chargeurs privilégient le transport routier, même pour des denrées non périssables et pour de longues distances, c'est qu'ils y trouvent leur compte.
La raison est que ce mode de transport, qui offre par ailleurs bien des avantages de rapidité et de souplesse, ne paie pas la totalité des coûts qu'il engendre.
Aux péages d'autoroutes, les poids lourds paient à peine deux fois plus
que les véhicules légers alors qu'ils détériorent la chaussée au moins
cent fois plus.
D'après la Cour des Comptes, ils entraînent des dégâts évalués à 50
milliards de francs par an qu'ils ne couvrent qu'à hauteur de 52 %. La
charge de ce coût, rapportée à la tonne kilomètre transportée, se monte à
20 centimes par t.km. Chiffre à comparer aux prix de revient à la
tonne- kilomètre. (En 1998, voie d'eau : 3 à 9 centimes, train complet
SNCF : 14 c., camion : 23 c.)
Par le biais des taxes sur les carburants, le trafic routier des marchandises est finalement subventionné par les autres usagers, faussant de ce fait le jeu de la libre concurrence entre les modes de transport.
Le jeu est à ce point faussé, que même la SNCF utilise parfois des camions pour transporter des marchandises qui lui sont confiées.
Quelles mesures mettre en œuvre pour favoriser des moyens de transport moins dangereux, moins polluants et moins coûteux pour la collectivité ?
- Rétablir la vérité des prix. C'est la première mesure sans laquelle toutes les autres mesures resteront sans effet.
- Utiliser à plein les voies ferrées et les voies d'eau existantes, remettre en service les voies ferrées abandonnées. Exemple : la ligne SNCF Orléans-Chartres, réhabilitée pour le fret au début des années 1990, soulage la RN 154, entre Orléans et Rouen, d'un trafic annuel de quelque 40 000 camions. Pourquoi ne pas envisager la remise en service de la ligne Orléans-Montargis ?
- Favoriser et développer le transport combiné rail/route. « Ferroutage » avec conteneurs ou, à plus long terme « autoroutes ferroviaires » qui permettent de charger directement les camions.
- Relier au chemin de fer, chaque fois que possible, les zones industrielles, par des embranchements et implanter les nouvelles zones de préférence à proximité de la voie ferrée ?
- Harmonisation des règles et des pratiques au niveau européen
Tout ceci ne sera possible que dans le cadre d'une politique cohérente des transports, plus soucieuse de la sécurité humaine, plus attentive à la lutte contre les pollutions, plus conforme à la vérité des prix ?
Celle-ci serait à définir au cours d'une vaste concertation entre tous les acteurs de ce domaine d'activité, l'Etat ayant la responsabilité de faire valoir l'intérêt général, les autres partenaires acceptant la règle du débat contradictoire sans user de moyens de pression démesurés pour faire valoir des intérêts particuliers.
Faisons le pari que l'on arrivera bien un jour à civiliser la façon de régler les conflits dans ce secteur.

