Les grands dossiers de la ligue
ImprimerProgramme de sécurité routière pour un plan d'aménagement rubains de sécurité
Quand un chauffard épris de vitesse renverse une personne âgée engagée sur un passage piéton, ce n'est évidemment pas la faute du passage piéton ; mais si le passage avait été aménagé avec un refuge central, l'accident n'aurait pas eu lieu.
Le fait que 80% des accidents soient dus à des fautes de comportement ne dispense pas les responsables de la voirie de pratiquer les aménagements urbains qui apaiseront la circulation et la rendront plus sûre.
Voici quelques principes qui doivent guider les aménageurs.
Premier principe : modérer la vitesse en agglomération.
C'est la clef de la sécurité. En zone habitée, le danger vient de la cohabitation d'usagers très différents (piétons, cyclistes, voitures)
Il faut donc aménager les entrées d'agglomération et les espaces commun de façon à ce que les vitesses maximales autorisées soient respectées : 50 km/h voire 30 km/h dans les zones scolaires et commerçantes.
Deuxième principe : assurer la visibilité entre les usagers.
Combien d'accidents ont lieu parce que les usagers impliqués ne se sont pas vus : enfant caché derrière une voiture mal stationnée, carrefour sans visibilité etc. Voir et être vu, c'est la deuxième clef de la sécurité.
Troisième principe : réduire la largeur à traverser pour les piétons.
Traverser la rue pour une personne à mobilité réduite ou pour un enfant est toujours périlleux, comment apprécier les distances et les vitesses ? comment décider de s'engager quand le danger vient des deux côtés ? Réduire la chaussée à traverser en une seule fois est une bonne solution.
Quatrième principe : séparer les usagers ayant des vitesses trop différentes
Restituer aux piétons les trottoirs trop souvent squattés par les voitures en stationnement.
Sécuriser les cheminements cyclistes par un réseau cohérent et continu. Nous reviendrons sur cet aspect dans une prochaine rubrique.
Des aménagements adaptés
Pour satisfaire à ces exigences de sécurité la panoplie des aménagements possibles est bien connue : rétrécissements de chaussée, chicanes, avancées de trottoirs, oreilles de Mickey, chasse aux masques de visibilité (poteaux, végétation etc.), interdiction de stationner 10 m avant les carrefours, refuge central sur les passages piétons etc. Encore convient-il de les réaliser avec compétence et méthode.
Dernier principe, ( mais peut-être le premier) : développer un esprit de sécurité chez les élus et techniciens en charge de la voirie : se former aux nouvelles techniques en matière d'aménagements , rechercher activement toutes les causes de risque (les lecteurs de la République du Centre qui sont aussi riverains et usagers peuvent y aider) et, quand un risque a été identifié, tout faire pour l'éliminer.
Animées de cette volonté, les municipalités doivent enfin se donner les moyens financiers de procéder aux aménagements nécessaires à un rythme alerte.
C'est dans cette optique du refus de la fatalité de l'accident que l'on pourra vraiment progresser.

