Les grands dossiers de la ligue
ImprimerSécurité routière. Florilège des mesures impopulaires
Il est une tradition dans notre pays : nombreux sont nos concitoyens qui tirent à boulets rouges sur les Pouvoirs Publics dès l'annonce de mesures nouvelles destinées à combattre l'insécurité routière.
1973, à propos de l'obligation du port de la ceinture de sécurité
« Atteinte à la liberté individuelle », « La ceinture, c'est dangereux ».
Fin 1986, doublement des amendes forfaitaires concer-nant les contraventions au Code de la route. Levée de boucliers, avec le refrain habituel : "Automobilistes, vaches à lait de l'Etat".
1990, limitation à 50 km/heure de la vitesse en agglomération. Réaction : « Passer de 60 à 50 km/heure, c'est idiot ! » « 50 au lieu de 60, quelle différence ? »
Nous verrons, dans une autre rubrique concernant la vitesse tout l'intérêt de cette mesure
1992 : Mise en application du permis à points. Fureur de certains conducteurs professionnels, qui chaque année, parcourent un nombre élevé de kilomètres et qui se sentent particulièrement visés.
1994 : le ministre des Transports envisage la création d'un délit de grand excès de vitesse (50 km/heure au-dessus des limitations de vitesse). Déchaînement du lobby routier qui dénonce une nouvelle « atteinte à la liberté individuelle », Retrait du projet de loi.
1995 : Le seuil d'alcoolémie au volant est abaissé de 0,7 à 0,5 g/litre de sang (0,8 en 1983). Exception intéressante. La mesure passe comme une lettre à la poste !
Pourtant, ce sont toutes ces mesures impopulaires, bien qu'imparfaitement appliquées qui, ajoutées aux améliorations des infrastructures et des véhi¬cules, ont permis de faire reculer l'insécurité routière faisant passer, en 27 ans, le nombre annuel de tués sur les routes de 17000 en 1972 à 8500 en 1998.
Il reste cependant encore beaucoup à faire pour hisser la France au niveau des autres pays européens.
Avec l'objectif de diviser par deux en cinq ans le nombre des victimes de la route, le projet de loi Gayssot, adopté par le Parle-ment en 1999, pro¬voque une nouvelle opposi¬tion des mêmes mi-lieux. En s'abritant derrière une vérité trompeuse « Ce n'est pas la vitesse qui est dangereuse » ils relancent le refrain :'"atteinte au principe de la liberté de circulation et de la liberté individuelle !"
Quelle liberté s'agit-il de défendre ? Celle pour certains, d'en-freindre la loi en toute impunité ou celle pour chacun de pouvoir se déplacer en toute sécurité ?.

